jeudi 20 octobre 2016

Essen 2016, toujours plus de jeux, toujours plus de monde !


Voilà, le Spiel Essen, c’est terminé, l’effervescence et la fièvre acheteuse s’évanouissent doucement. Il est temps de reprendre le cours normal de sa vie et d’économiser à nouveau pour l’année prochaine ^_^.

Mon dieu que ce fût intense et dense, 4 jours non-stop de jeux, de monde, de découvertes et de rencontres… enfin, de re-rencontres en ce qui nous concerne car nous n’avons pas cessé de croiser et de re-croiser les mêmes personnes tout au long du week-end, et sur 174.000 personnes (nouveau record !) réparties sur 7 hall et 4 jours, il faut le faire tout de même.

Au total, nous avons testé environ 25 jeux et acheté quasiment le même nombre. Parmi tous ces jeux testés, il y en a évidemment qui sortent du lot, tandis que d’autres ne nous ont franchement pas enthousiasmé, loin de là. Il y a forcément plein de jeux achetés sur des bruits de couloir et d’autres achetés par cause de rareté, phénomène qui a tendance à croître à Essen, et cela nous fait un peu peur.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, autant se débarrasser vite fait des choses qui ne nous ont pas plues à Essen.

Les choses « pas cool ! »

La rareté : Quelques éditeurs ont tendance à venir à Essen avec uniquement quelques boîtes, ce qui pousse forcément les gens à se ruer sur les boîtes de peur de ne pas avoir leur précieux. Second effet, vu la rareté de la chose et la demande, les éditeurs peuvent clairement se faire plaisir sur le prix. C’est notamment le cas avec « Clank ! », un jeu de deck-building se mêlant à un jeu de plateau qui nous vient des States, il n’y avait que +/- 40 boîtes pour tout le salon. J’en ai entendu parler via les chaînes Youtube et elles ont bien fait leur boulot car mon unique but était de trouver cette boîte…au prix d’une course folle, j’y suis parvenu et cela m’a coûté 70 euros ! 70 euros, jamais, au grand jamais, je n’aurais mis ce prix pour un jeu aussi pauvre en matériel, et pourtant, je l’ai fait, car je connaissais la difficulté que j’aurais à me procurer l’objet par la suite. Le temps me dira si j’ai eu tort ou non.

Clank ! 70 euros pour qlq cartes  et un plateau… cela les vaut-il ??

Asmodée : Enfin, le shop Asmodée surtout. Ils étaient sensé vendre les produits VF de leurs « affiliés » et franchement, il était très difficile de trouver une version française des jeux Filosofia, par exemple, hormis « Un festin pour Odin » qui était vendu pour la modique somme de 100 euros (!!), prix démesuré par rapport à la concurrence, d’ailleurs, le lendemain Asmodée avait baissé le prix à 60 euros et avait promis un dédommagement à ceux qui l'avaient acheté la veille, mais encore fallait-il être au courant. Bref, déjà deux années consécutives où il y a des couacs au stand Asmodée.

Le monde : Le salon tombant, cette année, avec les jours fériés allemands, il a été pris d’assaut dès le jeudi avec une affluence assez impressionnante. Il était difficile de trouver une table et les files d’achat étaient parfois très longues, je pense à la file chez nos amis de Repos Prod qui était dantesque ou chez Stronghold Games. Le stand était un des seuls à vendre « Terraforming Mars », un jeu qui a vraiment fait le buzz avant et pendant Essen, et bien, figurez-vous que les files étaient tellement longues à la caisse que notre animateur s’est, à un moment, interrompu lors de son explication pour aller sauvegarder sa petite boîte personnelle derrière le comptoir, tellement, les piles de boîtes fondaient comme neige au soleil. En 5 ans d’Essen, je n’avais jamais vu autant de monde.

Les stands francophones : Ce n’est pas vraiment une plainte mais plus un message de soutien aux éditeurs francophones « modestes », je pense à Opla, Blue Cocker, ou Azao Games qui présentait leur dernier titre en date « Spywhere » qu’on vous présentait mardi. Ils se sont retrouvés coincés dans le fin fond des derniers halls du salon à côté des sorties de secours… dommage.



Tournoi d’Aya : Oui, le tournoi d’Aya s’est bien passé. Tellement bien que notre record de 34 points a été explosé par l’équipe de « Roll-The-Dice » qui a atteint 40 points…rien que ça ! Pff, ils ont de la chance que notre équipe n’était pas complète :o(. On aura notre revanche, c’est dit !




Un vol : Finalement, c’est aussi la première année où j’entends parler de vol. Le stand Ludicréations a, en effet, été victime d’un acte méprisable et a perdu l’entièreté de sa caisse. Des auteurs se sont mobilisés et ont pondu un jeu minimaliste pour tenter de les relancer. Le tout se passe sur Kickstarter : ICI

Les choses « Cool »

Voilà, ça c’est fait. Maintenant, on peut passer aux choses plaisantes parce que je critique, je critique mais il n’en reste pas moins que nous avons passé un excellent, que dis-je, un SUPER week-end où on a pu aborder B. Cathala, S. Feld, Zee Garcia (The Dice Tower), entre autres, et discuter avec eux quelques minutes. Il est agréable de voir que même si ces personnes sont très demandées et ont un agenda surchargé, elles prennent le temps pour vous. On a également rencontré de maintes fois la team de Ludovox et leur roue de la fortune, un chouette moment et une chouette initiative.

Valda et Bruno Cathala (à 10h du matin...)

S. Feld et un morceau de Valda


















L’effervescence est toujours au top. Même fatigué, voir tout ce monde autour de vous qui ne pense quasiment qu’à jouer, ça vous galvanise et vous rebooste pour le reste de la journée. Croiser tous les amis et échanger, au coin d’une allée, ses impressions ou comparer le contenu de ses sacs :o) D’ailleurs, les francophones sont toujours de plus en plus nombreux et vous n’imaginez le nombre de Bruxellois que nous avons rencontré, ça promet encore de futures rencontres ludiques, tout ça.

A côté de ça, Essen, c’est aussi la mixité, avec plus de 50 nationalités différentes : combien de fois avez-vous l’occasion de jouer avec des brésiliens, coréens ou canadiens ? Entre les canadiens ultra posés et les coréens survoltés qui monteraient sur la table si c’était nécessaire, c’est toujours d’excellents moments de partage autour du jeu.

On peut aussi souligner l’organisation globale de l’event car gérer autant de visiteurs, autant d’éditeurs et autant d’espace sur autant de jours, c’est pas évident. Et même si des couacs peuvent apparaître, franchement, ils gèrent, ces petits allemands.

Et je terminerais par les repas, car il est difficile de bien manger à Essen mais par contre, le soir, c’est différent et ça y est, on a enfin trouvé tous les restos qui nous convenaient, et si il y avait UN endroit à vous conseiller, ce serait le « Hams In Gluck », on y fait sûrement les meilleurs burgers d’Allemagne. Un régal.

Le Top 3

Et puis, dernier point positif et non des moindres : des jeux, des palettes de jeux, des montagnes de jeux ! Sans plus attendre, mon top 3 de ce salon (attention, je suis loin d’avoir joué à tout ce que nous avons acheté, ce top est basé sur les tests du salon ou de l’hôtel) :

Kanagawa (B. Cathala / Iello): en 1ière position car c’est tout simplement MA surprise du salon. Je l’avais déjà vu au BGF, j’en avais déjà entendu parler : B. Cathala, blablabla et pourtant, rien mais rien ne me donnait envie d’y jouer. C’est Valda qui me « traîne » sur le stand Iello et paf… voilà, tout s’illumine. Un matériel splendide, une mécanique toute simple et boum, ça marche. Vous incarnez un peintre japonais qui doit réaliser une fresque à l’aide de tuiles. Ces tuiles sont disposées sur un petit plateau en bambou du plus bel effet et vous serviront à 2 choses : à réaliser votre fresque OU à améliorer votre atelier, car oui, pour pouvoir agrandir votre fresque, vous devrez tout d’abord être capable de la peindre. Un jeu malin où on retrouve aussi un peu de « Augustus » avec des objectifs à atteindre mais qu’il faudra choisir. Plus de détails dans un « Coup de Cœur » à venir.

Terraforming Mars (Jacob Fryxelius / FryxGames): j’estime que le buzz autour de ce jeu est justifié. Il ne révolutionne en rien le monde du jeu, mais qu’est-ce qu’il fonctionne bien. Gestion de main, gestion de coût, d’énergie, gestion de rythme de partie, c’est du lourd, mais sincèrement, c’est assez clair et surtout, chaque carte est expliquée sur celle-ci, pas besoin de se partager le livre de règles et ça, je dis bravo. A son tour de jeu, on a 2 actions à réaliser parmi les suivantes : acheter une carte et la poser devant soi, activer le pouvoir d’une carte préalablement posée, activer une des actions standards (construire une cité, implanter une source d’eau, etc), choisir un des scoring de fin de partie. Chaque action de construction augmentera soit la température de la planète, soit son taux d’oxygène, ce qui permet de débloquer d’autres cartes plus puissantes mais vous rapprochent également de la fin de partie. Bref, un excellent jeu auquel j’ai hâte de revenir pour voir si la rejouabilité est présente.

Bubblee Pop (Grégory Oliver / BlackrockGames): une sorte de Candy Crush sur plateau. Au centre du plateau, il y a le ciel où se trouvent 2 lignes de jetons. A son tour de jeu, on doit réaliser une permutation entre 2 jetons PUIS on doit descendre 2 jetons du ciel dans notre zone de jeu. Le but est de réaliser des alignements de 3 jetons afin de les faire « poper » et de bénéficier d’un pouvoir. Si des jetons de la même couleurs sont adjaçents à ceux qui éclatent, ils éclatent également. Le but est d’obtenir un maximum de jetons en fin de partie. C’est simple, efficace, diablement calculatoire. Rendez-vous la semaine prochaine pour un « Coup de Cœur » en devenir

Séquence Proto

Cette année, il y avait aussi plein de protos et on en a profité pour en faire le tour, chez Morning, par exemple :

Mines Of Olnak (Jonathan Frenay, Raphaël Helaers): les 2 auteurs sont belges, donc il est évident que l’on va suivre son évolution de près. Le KS est prévu pour Cannes 2017. On incarne un clan nain qui va essayer de s’enrichir en découvrant les trésors cachés dans les mines de Olnak. Une ancienne cité abandonnée. Qui dit abandonnée, dit forcément monstres ! Il faudra donc coopérer pour éliminer la menace qui rôde dans les mines, ainsi que pour reconstruire les différentes salles de la cité mais ensuite, ce sera à vous d’asseoir votre influence sur les guildes et les autres clans pour en ressortir le plus riche. Un excellent jeu prometteur qui annonce beaucoup de mal de crâne en perspective. Néanmoins, les tours de jeu sont rapides et on nous annonce une durée de 30min par joueur. Ça va, on a vu pire ;o)



Kill the Unicorns (Arthur Vo-Ha): un jeu de « pousse-pousse »/combo où on tente de marquer des points de victoire en tuant des licornes pour faire plaisir à la princesse. Mais attention, de mignons petits cochons se sont déguisés en licorne et ils pourraient vous attirer des problèmes si vous les tuez par mégarde, car la princesse adooooooore les petits cochons. Fun, chaotique, peut-être trop à mon goût, à retester mais je vous avoue avoir un petit soucis avec le fait de tuer des licornes, sûrement mon côté rôliste qui ressurgit.

Ikan (Philippe Gallois): La lumière a été volée et un jeune garçon courageux s’apprête à arpenter un labyrinthe dans l’obscurité la plus complète pour la retrouver. Par chance, il dispose d’un artefact magique lui permettant de voir le labyrinthe pendant un bref instant. Serez-vous capable de guider le jeune Ikan à travers le labyrinthe en évitant les pièges, en tuant le serpent géant et en ressortant avec la Lumière ? Original, parfaitement thématisé, ce jeu fait autant appel à la mémoire visuelle, qu’à la logique. Jouable de 2 à 4 joueurs. A 2 joueurs, un joueur incarne le « maître du donjon », à 4 joueurs, on incarne chacun un personnage bien spécifique ayant une mission bien particulière pour gagner la partie.

Direction le Stand de Sit Down pour tester un autre prototype et un autre futur KS : Bad Bones de David Flies, un autre belge.

Ici, on est dans du « Tower Defense ». Vous avez un village que vous devez défendre de l’invasion des squelettes. Pour protéger votre village, vous avez construit une tour sur laquelle se dresse fièrement votre Héros. Vous perdez la partie si votre tour est détruite ou si votre village est complètement détruit. 

Le tour de jeu est simple et se passe en 4 étapes :
1) Vous bougez votre Héros de 1 case et vous dégommez tous les squelettes qui s’y trouvent
2) Vous pouvez placer ou enlever 1 piège, il y en a 4 différents : un portail permettant de téléporter directement les squelettes de chez vous vers le cimetière de votre adversaire ; un mur permettant de dévier les squelettes ; un trésor qui aura tendance à attirer les squelettes, et pour finir un dragon qui détruira tous les squelettes sur une case. Ces pièges sont forcément limités et votre survie dépendra de votre faculté à gérer correctement ces pièges.
3) Tous les squelettes se déplacent d’une case vers l’avant.
4) De nouveaux squelettes arrivent en jeu et vous ajoutez tous les squelettes que votre adversaire aura détruits pendant ce tour.

Un jeu qui augure du bon, du fun et ça va pas mal couiner. Pour notre part, nous avons été très très rapidement submergé de squelettes (la chance au tirage peut également jouer), je pense qu’il faut quelques parties pour maîtriser les pièges, et dernier point plus « ergonomique », il devient vite fastidieux de manipuler tous les pions squelettes présents sur son plateau.

Et les jeux belges déjà sortis ???

Ecoutez, c’est très simple, ça va être très rapide :

7 Wonders Duel : Panthéon (A. Bauza, B. Cathale / Repos Prod): Sold out !

Not Alone (G. Masson / Geek Attitude Games) : Sold Out !

Dreams (O.Grégoire / Zoch) : Sold Out !

Argo (B. Faidutti, S. Laget / FlatlinedGames) : je ne sais pas si ils sont Sold Out mais la version allemande a très bien marchée.

Le bilan se passe de commentaires ^_^

Nous sommes un peu déçus de ne pas avoir trouvé de table pour essayer Nautilion, le dernier jeu de Shadi Torbey.

Patience, tous ces « Sold Out » vont être passés au crible par notre équipe dans les prochains jours, soyez vigilants ;o)

Autre excellente nouvelle, après une petite news qui a effrayé pas mal de monde, nous avons vu en primeur absolue la future boîte de HOPE (Olivier Grégoire), et on peut vous dire que ce sera un petit bijou. La boîte est énorme, bien remplie et pour ceux qui connaissent Kumo Hogosha, elle sera dans la même optique. Donc que tout le monde se rassure, le projet avance !







Les autres trucs

Dans les autres bonnes surprises du salon, on pointera les jeux suivants :

Ülm : un bon jeu à l’allemande avec peut-être le mécanisme le plus « original » de cet Essen 2016 : le système d’action est composé d’un damier de 3 sur 3 avec des tuiles tirées au hasard, représentant les actions possibles. A son tour, on tire une tuile action du sac et le joueur doit pousser une ligne d’action de son choix sur le damier, ce qui aura comme conséquence d’expulser une des actions. Ensuite, il réalise les 3 actions de la ligne qu’il vient d’activer. Un système vraiment intéressant.



Fold It : Un jeu d’ambiance asiatique où il faut réussir à plier le plus rapidement possible sa serviette afin de « coller » à l’image demandée. Léger, fun, beau matériel, idéal pour l’apéro.



The Arrival : Le dernier Martin Wallace en date, ouuuh, celui-là, j’ai longuement hésité, mais le portefeuille m’a rappelé à l’ordre. Un jeu de majorité et de conquête où on l’on peut modifier les conditions de victoire. On incarne des chefs de clan qui doivent se défendre contre une invasion de monstres. Tour à tour, on va tirer une carte pour en avoir 4 au total. Sur ces cartes, on va retrouver 3 lignes comportant des symboles d’actions. A son tour, on va retourner 2 cartes et choisir quelle ligne d’action nous ne voulons pas prendre. Ensuite, on retourne la 3ième carte et on élimine encore 1 des 2 lignes restantes et finalement, nous retournons la dernière carte, révélant ainsi une ligne complète d’actions. C’est un système de choix d’actions que je trouvais très ingénieux et avec le temps, je regrette de ne pas l’avoir acheté afin de pouvoir tester la bête jusqu’au bout.

Capital Lux : Un excellent petit jeu de cartes qui se joue en 20min qui demande pas mal de déduction et un bon tempo. Nous avons 4 capitales posées sur la table et chaque joueur possède une main de cartes. Après un draft, le joueur actif a 2 possibilités : soit grossir la capitale présente sur la table, soit démarrer une capitale devant lui. A la fin de la manche, si notre capitale est plus « grosse » que la capitale au centre de la table, on doit défausser notre capitale. Si on réussit à être le plus proche de la capitale en question, on pourra prendre la carte de la plus forte valeur sur la capitale et la comptabiliser en points de victoire pour la fin du jeu. Malin et subtil.

Pillards de la Mer du Nord : L’édition française du KS. Rien que pour l’édition, je l’ai acheté. Juste splendide. Une boîte plus petite que le format habituel, un thermoformage en carton pour accueillir les cartes (et leur sleeves), des pièces en métal (s’il vous plaît) et des ressources en bois, toutes, de formes différentes. Bravo. Le jeu s’annonce assez classique mais bien. Nous sommes des vikings qui voulons impressionner le Jarl en préparant des expéditions (nourriture, équipage, armement) afin de mener des raids et piller des villages.

Cottage Garden : Aaaah Uwe Rosenberg qui nous propose une sorte de Patchwork pour 1 à 4 joueurs. Je dis bien une sorte car en dehors du fait que vous allez devoir composer un jardin (votre plateau) à l’aide de tuiles, la comparaison avec Patchwork s’arrête là. Ici, on se retrouve face à un plateau où sont disposées les différentes tuiles. Le joueur 1 va pouvoir prendre la tuile de son choix dans la colonne 1, on avance le dé de 1 colonne puis le joueur 2 dans la colonne 2 et ainsi de suite. Quand le dé a réalisé un tour complet de plateau, on tourne le dé sur sa face 2 qui indique qu’on entame le tour 2 (sur 6, donc) et on recommence. Quand il reste 1 tuile à choisir, vous devez remplir votre ligne/colonne à l’aide de la chaîne de tuiles qui se trouve à côté du plateau et vous pouvez forcer ce « remplissage » en défaussant des jetons « chats ». Comme d’hab, ça tourne parfaitement, il y a quelques subtilités et il y a moyen de bien embêter les autres ou même de comboter pour remplir votre plateau efficacement. Maintenant, à 2 joueurs, personnellement, je continuerais à préférer Patchwork mais Cottage Garden offre une excellente alternative si vous recevez des convives.



Kingdomino : On vous en avait déjà parlé lors du Jette Gaming Tour, c’est vraiment un excellent petit « filler ». Ça dure 10-15min à tout casser, le matériel est vraiment sympa, pas mal de petits choix cornéliens.


Voilà, évidemment, il nous reste une tonne de jeux à tester et on se fera un plaisir de vous faire un retour sur ce qui nous aura fait vibrer. En espérant que tout ceci aura ravivé des souvenirs à certains et aura donné envie aux autres de nous rejoindre pour l’année prochaine. De notre côté, sachez que du 26 au 29 octobre 2017, on sera à Essen, une fois.

Un album photo sera bientôt diffusé sur notre page Facebook et Google+.
En attendant, un ablum original des "caddies" à Essen 2016 de Valda est dispo sur notre page Facebook.

Al

mardi 18 octobre 2016

Spywhere

UPDATE 17/02/2017 : Le jeu est sorti dans le commerce !!!


Un jeu à paraître chez Azao Games, éditeur belge dont on ne vous a pas encore parlé, avec Cesare Mainardi (Atalia) comme auteur, il n’en fallait pas plus pour piquer ma curiosité. De prime abord, la pochette ne me parlait pourtant pas spécialement. C’est pourquoi, dès cette ligne, je vous invite à le tester, car le jeu en vaut le détour. Mais avant cela, laissez-moi quand même vous expliquer l’affaire.

C’est quoi ?


Dans Spywhere, les joueurs incarnent des espions de différentes nationalités. Ceux-ci devront récupérer les fleurons gustatifs volés de leur pays, mais également identifier la nationalité de leurs adversaires.
Il y a 6 espions de nationalités différentes (ayant chacun une carte « passeport » le représentant), le jeu peut donc se jouer jusque 6 personnes, qui reçoit chacune une carte « passeport » qu’il garde évidement secrète. Chaque joueur reçoit également une série de cartes « identification » représentant les 6 nations, il choisira sa couleur de prédilection parmi les 6 séries.
Les autres cartes, sont celles « nationalité ». 108 au total, 18 par nationalité. Chaque joueur en reçoit 3 en début de partie. 5 sont révélées au centre de la table et le reste forme la pioche face cachée.
Attention, pour des parties à 4 joueurs ou moins, il faut retirer une nationalité. On élimine donc les cartes « passeport », « identification » et « nationalité » de ce pays et on les met de côté.

Les 6 passeports

Les 6 cartes "identification" bleus

Les 6 cartes "nationalité"


Ça se joue comment ?


La premier joueur est celui qui a vu le plus récemment un film d’espionnage.
Chacun à leur tour, les joueurs effectuent les actions suivantes :

#1) Piocher une carte « nationalité » et la placer dans sa main (obligatoire).

#2) Echanger une carte « nationalité » de sa main avec une des cinq qui se trouvent faces visibles situées au centre de la table (obligatoire).
Si après cette action, 3 cartes « nationalité » visible identiques apparaissent, le joueur dont c’est le tour peut les éliminer à condition que celles-ci ne représentent pas sa nationalité (facultatif). Il les places alors en une pile « indice » face visible devant lui. En contrepartie, il pioche une carte supplémentaire qu’il place dans sa main. Il remplace ensuite, à partir de la pioche, les 3 éliminées de sorte à en avoir 5 à nouveau.

#3) Identifier la nationalité d’un adversaire en plaçant, face  cachée, devant celui-ci, une de ses cartes « identification ». Cette action est facultative et ne peut être réalisée qu’une seule fois par tour. Attention, cette identification ne pourra plus être modifiée jusque la fin de la partie. Une seule chance donc par adversaire !
Une fois ces actions terminées, c’est au joueur suivant.

Quand est-ce que ça se termine ?


Soit quand la pioche est épuisée, soit lorsqu’un des joueurs à réalisé une tentative d’identification sur chacun de ses adversaires.
Dans le second cas, les autres joueurs auront l’occasion de placer une carte identification (face cachée toujours) devant les joueurs pour lesquels ils n’ont pas encore placé de carte.

Ex : Les cartes du joueur jaune au départ

Et comment je gagne ?

Et bien, en marquant un maximum de points et ce, de la manière suivante :
Si une personne a terminé le jeu en réalisant toutes les identifications possibles des autres joueurs, elle reçoit 3 points de victoire.
Chaque joueur reçoit un PV par carte de sa nationalité qu’il possède dans sa main
Chaque joueur reçoit un PV par carte de sa nationalité qu’il possède dans sa main multiplié par le nombre d’identifications correctes qu’il a réalisées.
Le joueur avec le plus de PV remporte la partie.

Un exemple de scoring ?


VaL a terminé la partie en identifiant ses 3 adversaires, elle reçoit donc les 3 points bonus. Elle était Espagnole et avait 5 cartes de sa « nationalité » dans sa main, elle reçoit donc 5 points. Elle a identifié Cowmic et Valda, elle multiplie donc 5 (nombre de cartes de sa nationalité accumulées) par 3 (nombre de nationalités identifiées), ce qui lui fait 15 points supplémentaires. Et donc un total de 23 points.
Cowmic a collecté 5 cartes de sa nationalité (5 points) et identifié 2 adversaires (5 x 2 -> 10 points). Il obtient donc 15 points.
Valda a collecté 7 cartes et identifié 1 seule nationalité, elle obtient 14 points [7 + (7x1)].
Et Al, ayant pourtant identifié correctement ses 3 adversaires, mais n’ayant collecté que 2 cartes de sa nationalité, n’obtient que [2 + (2x3)] = 8 points.
C’est donc VaL qui remporte la partie.
Vous le remarquez immédiatement, il est important d’avoir un bon rapport entre les cartes de sa « nationalité » et les cartes « identification » correctement placées chez l’adversaire.


Le nombre de joueurs change la donne ?


A 3 ou 4 joueurs, on ne joue qu’avec 5 nationalités, il est donc encore possible de suivre tout ce qu’il se passe sur la table, et d’essayer de faire de bonnes déductions.
A 5 ou 6, on joue avec les 6 nationalités et là, il est clairement impossible de suivre tout le monde. Il faudra donc se concentrer sur un ou deux joueurs et faire des déductions pour les autres (en fonction des indices, de votre nationalité et des cartes que vous avez déjà attribuées).
A 2 joueurs, chacun reçoit 2 « passeport », et on joue avec les 6 nationalités, la partie prend fin lorsque la pioche est épuisée ou qu’un des 2 joueurs a posé 2 identifications chez l’adversaire. Aucune tentative d’identification n’est possible avant le 5ème tour. Personnellement, je n’ai pas accroché à ce format, je n’en vois pas l’intérêt et le jeu y perd tout son attrait, je ne vous le conseille donc pas pour deux.


Et le graphisme ?


Les illustrations sont réalisées par Olivier Fagnère. Et comme je vous l’avais dit plus haut, la boîte ne tape pas à l’œil de prime abord, et pourtant dès qu’on se retrouve les cartes en main, ça marche bien et on s’attache fort vite au graphisme des personnages. Les passeports sont classes, la représentation de chaque pays et de son plat national fonctionne parfaitement. Bref, tout l’inverse de l'effet que m’a fait la boîte à la première vision. Lors des tests réalisés avec des joueurs différents, j’ai eu droit à chaque partie à « Ils sont vraiment chouette les bonhommes sur les cartes ». Je dis donc bravo !!!


Et le matériel ?


Les cartes sont de tailles correctes pour une manipulation aisée. La taille de la boîte est nickel, on ne nous a pas vendu du vide pour avoir une grosse boîte. Le format est donc adéquat à la taille du jeu et la ludothèque apprécie celui-ci pour son rangement. Les règles sont claires et peu de points nécessitent une relecture. Juste, la manière dont le scoring est énoncé me perturbe, mais en même temps, j’ai pas trouvé mieux pour vous le présenter (c’est d’ailleurs pour ça que j’ai fait un exemple), c’est surement juste une question de perception. Le jeu est présenté en multilingue : Français, Néerlandais, Anglais, Allemand et Italien.


T’en as pensé quoi au final ?



Autant être clair, j’aime beaucoup ce jeu. Pourtant bluff et déduction, pas spécialement le type de jeu que je recherche, pourtant il fait mouche dans le style.
Dès la deuxième partie, vous savez comment jouer et le bluff est une bonne manière de brouiller les pistes, mais n’en abusez pas car vous n’accumulerez pas de cartes de votre « nationalité » sinon. Ne négligez pas non plus d’être bien attentif aux jeu des autres, les cartes qu’ils prennent, mais aussi celles qu’ils défaussent.
La déduction est fort utile en fin de partie mais pour ce faire, il faut que vos premières « identification » soient bonnes, se concentrer sur un ou deux joueurs est donc mieux que de s’embrouiller en essayant de suivre tout le monde, on s’emmêle les pinceaux au final.
Provoquer la fin de partie est aussi une manière de marquer plus de points, mais il faut quand même une bonne main pour que ça porte ses fruits.
Ne pas sous-estimer les possibilités « indice » également. En lisant les règles, je ne voyais vraiment pas en quoi cela pouvait être intéressant de dévoiler aux autres une nationalité qui n’est pas la vôtre. Mais il y a des cas où c’est déjà évident que vous n’êtes pas celle-ci (quand par exemple, vous avez défaussez les 3 cartes qui sont sur la table ou que personne n’a pris ce type de carte depuis le début de partie alors qu’on est au tour 5), et une carte supplémentaire (si elle est de votre nationalité) rapporte vite 2 ou 3 points supplémentaires.
Le jeu s’explique facilement, peut se jouer avec des novices. De plus, les parties sont courtes et il donne envie de rejouer immédiatement (c’est toujours bon signe).
Est-ce qu’après tout ce que je viens d’écrire je dois encore vous le dire ?!?
Testé et approuvé par Cowmic, il sortira régulièrement de la ludothèque, et la prochaine fois que je vois Cesare, je le défie lors d’une partie avec l’équipe DJUF.
On oublie clairement le mode 2 joueurs et on le teste de 3 à 6 joueurs, vous passerez un bon moment. Et si comme moi, vous aurez envie d’en refaire une, c’est que vous êtes du même avis :)
Au plaisir de vous écrire une fois (je veux bien en écrire plus souvent, des articles qui sortent tout seul de mon clavier comme celui-ci).

Cowmic


Fiche technique :

Auteur : Cesare Mainardi
Illustrateur : Olivier Fagnère
Prix : +/- 15€
Age : 8+
Durée : 20 minutes
Joueurs : de 2 à 6
Editeur : Azao Games
Distribution Belgique (et France) : Atalia
Sortie en magasin vers fin 2016 / début 2017 mais déjà une centaine d’exemplaires disponibles.



jeudi 13 octobre 2016

Jette's Gaming Tour 2016

Cette année, je me rendais pour la première fois au Jette's Gaming Tour, organisé par Monsieur Thierry Sajou.
Les années précédentes, un empêchement ayant fait surface à chaque fois... Mais ça y est, j'ai enfin pu découvrir le principe et les lieux en live (enfin, pas tous, malheureusement) : j'adhère !!!

Valda était bénévole au Centre Culturel de Jette pour animer des tables, mais elle était également là pour nous faire un petit reportage photo que vous avez pu découvrir sur notre page Facebook.
Al était dans la place pour quelques tests de jeux (même en étant malade, il ne peut s'empêcher de venir à ce genre d'événement, ah la la), Cowmic donnant un concert loin de Bruxelles ; nous v'là donc 3 pour l'événement.

La curiosité m'a piquée, il fallait que j'en sache plus sur cette initiative.
Thierry nous raconte :
"L’idée est venue un soir de 2012 lors de l’ouverture du magasin… Picard dans la rue de Sajou. Je discutais avec une conseillère communale de Jette qui me vantait le succès du dernier jazz rally à Jette.

De fil en aiguille, on en est arrivé à évoquer la possibilité de faire pareil avec des jeux.
Rendez-vous pris à la Commune et c’était parti. La première édition eut lieu en octobre 2013 avec 6 lieux en soirée, tous des bars et restaurants. Le succès fut immédiat et l’édition un premier succès.
Le principe original a tout de suite plu tant aux curieux joueurs occasionnels que passionnés qui ont fait le déplacement. Les auteurs et éditeurs aussi ont immédiatement suivi avec la présence de Matthieu d’Epenoux notamment, mais aussi déjà Repos Prod et Asmodée en force.  


En 2014, le magasin a dû se restructurer et je n’avais pas les ressources pour l’organiser. C’est une grosse machine à mettre en place mine de rien et je devais garder mon temps et mon énergie pour me centrer sur le magasin avant tout. 

En 2015, j’ai pu réengager quelqu’un à temps partiel et le manque était tel chez les premiers participants qui m’en parlaient tout le temps que je ne pouvais que répondre à leurs attentes. Et pour cette édition, j’ai vu plus large : ouverture aux enfants avec jeux orientés familles dès l’après-midi, expos, conférences, tournoi de Mölkky dans un parc, bourse aux jeux,… ça partait dans tous les sens. Et sur 7 lieux. Certains s’étaient retirés pour raison de manque de rentabilité. On ne peut pas demander à tout le monde de consommer partout, c’est l’un des problèmes de la formule, j’essaie que tout le monde s’y retrouve mais ce n’est pas toujours facile.  Mais d’autres lieux ont fait leur apparition comme la Librairie Jaune ou Kylna Art Gallery par exemple. Et j’ai adoré l’idée d’élargir l’offre d’espace avec des lieux originaux autres que des salles à l’arrière des bars. Jouer dans une librairie et un magasin de déco, quel pied !

Et pour cette 3ème édition, je crois qu’on est arrivé à un bon équilibre : back to basics avec avant tout une belle offre en jeux et plein de lieux différents qui font la richesse de Jette, une Commune super-attachante que beaucoup découvrent avec agréable surprise. Car pour les « sudistes » de Bruxelles, passer le canal, c’est le bout du monde, la zone, l’enfer. C’est le Nooooord comme dans les Ch’tis ! Or il fait bon vivre ici, avec plein de lieux sympas et c’est chouette de pouvoir les montrer ! En plus, et c’est suffisamment rare pour être souligné, la Commune est hyper dynamique et nous aide vraiment dans ce genre de projet. Un grand merci à eux."

Valda connaissant déjà les lieux, me voilà embarquée à la suivre pour que je puisse découvrir ceux-ci.
Bon, autant vous prévenir de suite : vu que je me suis transformée en Kinder Surprise depuis 6 mois et demi maintenant... vous aurez compris où je veux en venir : Madame Fatigue m'accompagnait. Ça ne m'a pas empêchée de découvrir quelques lieux/jeux dont j'ai vraiment envie de vous parler.

Premièrement, direction la Kylna Art Gallery qui accueillait les tables de Repos Production.
La Kylna Art Gallery est également l'endroit qui accueille les soirées Sajou, chaque 3ème vendredi du mois. La découverte de ce lieu ne m'a donné qu'une seule envie : y retourner !!! Etant fan de JDS, mais aussi de décoration, des ambiances rustiques et chaleureuse, je ne pouvais qu'être sous le charme de cet endroit. Ce qui n'était pas pour nous aider : vous y trouverez également une boutique de vêtements : 100 Dessous Dessus. Ouais, une boutique au sein de la boutique. Parce qu'en effet, elle se nomme "gallery", mais c'est en fait un lieu où vous pourrez acheter les meubles sur lesquels vous jouerez (et croyez-moi, ils sont bôôô !), et même les objets qui vous entourent.
Pour résumer : Si vous n'avez pas encore participé à une soirée jeux Sajou, bloquez déjà le vendredi 21 octobre, date de la prochaine soirée, pour remédier à cela ! L'évent Facebook ici, tiens, c'est cadeau :-)

Secondo, direction Le Miroir, une brasserie où je n'avais encore jamais mis les pieds.
Je ne pourrais que vous dire que l'endroit est joli et qu'il se prête parfaitement à l'événement.
Il accueillaient un paquet de jeux, d'éditeurs et de distributeurs :
Eternity (Blackrock),
Keskifé ? (Blackrock),
Haru Ichiban (Blackrock),
Dreams (Zoch),
H.O.P.E. (Morning Players),
Aya (Act in Games),
Comment j’ai adopté un gnou/un dragon (Le Droit de Perdre),
Taggle/Ta Bouche (Le Droit de Perdre),
Barabistouille (Editions du Hibou),
Kingdomino (Blue Orange),
Hop le j’ton (Opla),
Gum Gum Machine (Huch),
Dr Eureka (Blue Orange),
Vroom Vroom (Blue Orange),
Tam Tam (AB Ludis),
Clonk! (Huch).

Nous y retrouverons Al et d'autres amis joueurs ; premier arrêt jeux pour ma part.
Je me fais embarquer pour tester Kingdomino (Blue Orange), un petit dernier de Bruno Cathala qui sortira bientôt.
Comme l'indique son nom, c'est un jeu de dominos avec lesquels nous devrons tenter de marquer un maximum de points en créant des domaines.
Evidemment, des règles viendront corser tout ça : vous ne pourrez vous étendre que sur un carré de 5 cases sur 5 maximum. A vous de bien disposer vos tuiles, de choisir les bonnes, et de ne pas laisser de cadeaux à vos adversaires. A tester !

Kingdomino (Blue Orange)

Second arrêt jeu : Dreams (Zoch) d'Olivier Grégoire (Aya, Piratoons), son petit nouveau en exclusivité qui sortira pour Essen.
Je ne vous en toucherai que quelques mots étant donné que nous comptons vous en parler en longueur dans un article qui lui sera consacré.
En quelques mots donc : Des cartes aux illustrations magnifiques sont disposées et numérotées. Un jeton sera donné à chaque joueur, indiquant le chiffre de l'illustration que vous devrez essayer de représenter, tout à tour, en posant une pierre à l'édifice. Un des joueurs, lui, n'aura reçu qu'un jeton "moldu", bref, il ne sait pas quelle image on veut représenter. Au final, chacun votera pour désigner qui il pense être l'intrus. Et l'intrus, quant à lui, devra voter pour l'illustration qui a été représentée.
Je pense en avoir déjà trop dit... Ma conclusion est que c'est un petit bijou. J'ai hâte de pouvoir essayer sa version définitive.

Dreams (Zoch)



Troisième endroit où nous nous rendrons : SAJOU !!!

Un petit saut dans la boutique de Thierry, afin de récupérer au passage un plan pour la journée (et d'y faire un petit achat, tant qu'à faire).
Impossible de se rendre au Jette's Gaming Tour sans passer par l'initiateur de l'évent.
Tout ce que vous voudrez savoir sur Sajou se trouve dans l'article que nous lui avions consacré il y a moment déjà : ici.
Sachez que la boutique, en ce jour-là, est ouverte jusqu'à minuit !






4ème lieu que je visite : Direction le Centre Culturel de Jette.
Il semblerait que ce soit un des centres culturels les plus dynamiques de Bruxelles. Vous pourrez vous en rendre compte par vous même sur leur site internet.
A peine un pied dedans, nous voilà dans l'ambiance, grâce aux jeux en bois surdimensionnés qui sillonnent le hall d'entrée.
Cet endroit est le plus grand qui accueille le Jette's Gaming Tour.
On y trouvera un double espace en mezzanine dédié aux jeux pour deux joueurs, quelle bonne idée !
Mais aussi des tournois, et surtout un paquet de jeux qui donnent juste envie de se poser ici :
Les Inventeurs (Bombyx),
Décrocher la Lune (Bombyx),
Captain Sonar (Matagot),
Les Aventuriers du Rail – Autour du Monde (Days of Wonder),
Quadropolis (Days of Wonder),
Imagine (Cocktail Games),
Keep Cool (Cocktail Games),
Fast Fouille (Cocktail Games),
Hit Z Road (Space Cowboys),
Cortex (Captain Macaque),
Junk Art (Filosofia),
SMS (In Ludo Veritas),
Dobble Star Wars (Asmodee).

A mon plus grand regret, ça sera le dernier endroit que je visiterai pour cette édition 2016...
L'évent compte 10 lieux au total, le tout est plus que faisable à pied, ça vous fera une jolie balade pour découvrir Jette.
Après les rapportages de Valda, de Al, des amis, je peux vous confirmer que l'événement était un succès.

Voici les liens nécessaires pour découvrir ces 10 lieux :
Centre Culturel de Jette
De Gele Poraa
Gavilan
Kylna Art Gallery
Le Central
Le Miroir
Le Mot Passant
Librairie Jaune
Peppermint Park
SAJOU

Et pour vous illustrer les endroits que je n'ai pu visiter personnellement cette année une fois, rendez-vous sur notre page Facebook pour découvrir le reportage photo de Valda !

Voici, en attendant, quelques images d'endroits dont je n'ai pu vous parler...




VaL

jeudi 6 octobre 2016

Etienne Espreman


C’est avec beaucoup de plaisir qu’aujourd’hui, je me mets derrière mon clavier pour vous parler d’un gars extra que j’ai rencontré au Brussels Games Festival en 2015. Il est éditeur (Geek Attitude Games) et auteur (Bruxelles 1893) mais c’est surtout un mec en or, grand passionné et amateur de bonnes bières (tiens, c’est bizarre comme on se trouve vite des intérêts communs), laissez-moi donc vous parler de Etienne Espreman que j’ai eu l’occasion de rencontrer pour une petite interview… voici ce qu’il en ressort.

Comment il s’est retrouvé auteur…


Etienne a toujours aimé jouer. Quand il était petit, il acceptait de jouer au magasin avec sa sœur si elle acceptait de faire un jeu de société avec lui. C’est quand il débarque à Bruxelles qu’il découvre le milieu du jeu bruxellois au travers des premières soirées organisées par le magasin Sajou (2000/2001) « Je remercie Thierry pour ça, c’était vraiment très très chouette, une très chouette période ». Il commence alors à acheter des jeux modernes.
Assez vite (en même temps qu’Olivier Grégoire), il s’engage comme démonstrateur ludique chez Asmodee Belgique (Hodin à l’époque) et anime des tables de jeux jusqu’ à plus soif, et même en avoir marre.
Il participe de plus en plus à des soirées jeux, à l’Outpost, entre autre, et il joue, joue et joue encore.
Un jour il s’est dit qu’il aimerait faire un jeu sur Bruxelles qui est une ville qu’il aime beaucoup. Il a longtemps cherché un thème. Il adore l’architecture, il adore l’art nouveau et par hasard, en regardant une émission sur le sujet à la télé, il se dit « je vais le faire là-dessus ».
C’est là que ça commence concrètement.

En 2010, il avait le thème et le proto en tête.
La réflexion l’emmène de l’art nouveau à l’architecture, de l’architecture à l’architecte, de l’architecte à la table à dessin avec les 2 lattes. C’est de là que part le plateau avec les 25 actions et la fameuse équerre.
Puis, il l’a développé, l’a joué, fait tester. Avant ça, il avait déjà eu quelques protos en tête qui n’ont pas abouti. Bruxelles est le premier qui ait abouti et qui soit sorti.


« J’ai été un peu surpris du succès qu’il a eu assez vite ». 
Il a eu la chance de le proposer à un seul éditeur qui acceptait tout de suite. Il ne connaissait pourtant pas Sébastien Dujardin avant la signature, il ne connaissait que ses jeux.
En 2011, il fréquente beaucoup l’Outpost (d’ailleurs, Olivier Grégoire sera un des premiers à tester le proto). Et tout le monde lui disait d’aller voir chez Pearl Games. Pour lui, c’était Troyes / Tournay, il se disait que c’était du gros niveau mais ça lui faisait plaisir, et puis le thème pour un éditeur belge le faisait pas mal.

Il y est allé une après-midi. Sébastien, en train de faire un test d’un jeu qui s’appelle aujourd’hui Ginkgopolis avec un de ses amis, lui dit « explique moi vite ».
Il a une demi-heure pour y aller en vitesse, expliquer et sortir les grandes lignes. Ils ont voulu s’asseoir autour du proto. Finalement, il est arrivé à 13h et reparti à 19h30.
Sébastien lui a dit que le jeu lui plaisait et qu’il le voulait.
Alors qu’actuellement, c’est la croix et la bannière pour trouver un éditeur, lui a eu une chance de fou.

Pour un premier jeu, on peut dire que c’est du lourd, je vous recommande l'article de Al sur celui-ci.
Le pire est qu’il a été allégé pour la version qui est sortie. Et une partie n’a même pas été présentée à l’éditeur, un véritable char d’assaut full option (qui a dit avec trop d’options). Tout un pan a donc été abandonné pour le rendre accessible. Le jeu n’est pas indigeste mais reste un Pearl Games, un jeu pour joueur.
« C’est le type de jeu que moi, j’aime jouer ».
Etienne est hyper content du résultat, Sébastien étant un mec hyper pro « je ne le remercierais jamais assez pour ce qu’il a fait ».

Des infos croustillantes…


# Il y a des idées qui ont été conservées pour une extension… qui sait, peut-être un jour.

# Une réédition est prévue… et on peut dire qu’elle plus qu’attendue… On m’annonce dans l’oreillette que c’est sort après Essen : OH YEAH !!!

# Il existe une version jouable de jeu de cartes de Bruxelles. On sent qu’Etienne a vraiment envie de travailler dessus de A à Z, pas simplement en tant qu’auteur mais également en tant qu’éditeur (choix de l’illustrateur, du matériel, de la distribution) même si c’est un travail d’une importance considérable. Actuellement, ce n’est pas possible pour lui, mais espérons que ça le soit un jour.

# On le sent quand même bien chaud pour ressortir un jeu, mais c’est vraiment le manque de temps qui échaude. Il n’est pas quelqu’un qui bosse sur 3 ou 4 protos en même temps, il s’investit sur une seule chose à fond.

Comment il s’est retrouvé éditeur…


C’est ensuite son ami Frédéric Delporte (Fred), qui est aussi dans le jeu depuis fort longtemps, qui lui dit qu’il a une idée de jeu sur le salon de Essen. Il lui propose de le faire avec lui. Ensuite un troisième s’est ajouté à l’équipe, Fabrice Béghin (Beatnik).
Ils ont ensuite décidé de l’autoéditer et ont créé une maison d’édition pour ça.
Au départ, il pensait un one shoot pour se marrer.
Puis Fred a voulu faire un second jeu, puis un troisième. Ce qui a réellement embarqué Etienne dans le monde de l’édition avec le trio de Geek Attitude Games (GAG).
A ce jour, il est donc bien plus éditeur qu’auteur.
« Ce que je regrette un petit peu car depuis que je bosse sur les jeux des autres, j’ai laissé mes protos dans les tiroirs. Mais bon, on verra… ».

A ce jour, GAG a déjà sorti 2 jeux : Essen The Games & Taverna (que nous avons adoré).
Sortira à Essen 2016 : Not Alone (l’article vous l’expliquant sera disponible semaine prochaine). C’est une jeu qui à toutes les qualités qu’il faut pour le marché actuel : petit format, petit prix (20€), de 2 à 7 joueurs, expliqué en 5 minutes, joué en une demi-heure… avec une tension dedans. Al vous le prédit sold out lors du salon de Essen, pas mal de médias spécialisés en parlent positivement. On l’a testé plein de fois et on vous le recommande déjà fortement.

En 2017, ils lanceront un Kickstarter pour leur prochain jeu Save The President, Save The World et ça s’annonce grandiose (aussi bien le jeu que le fait qu’il soit en Kickstarter, on ne manquera évidemment pas de couvrir tout ça).
Et ensuite, il y aura d’autres jeux, et c’est ça la bonne nouvelle, car Geek Attitude Games est devenu un éditeur belge reconnu, loin d’être encore une grande maison par sa taille mais qui l’est déjà par sa qualité éditoriale. Je suis sûr que l’avenir nous apportera encore de bons jeux chez eux.

Etienne prend son travail d’éditeur très au sérieux, il s’investit à fond dans les règles des jeux que GAG sort. Il fait une immersion complète dans le jeu. Ça fait partie de la vie d’un jeu.
« Si je fais un proto et que je le présente à un autre éditeur et qu’il me dit « je te le prend tel quel, dans trois mois il est sorti », ça me ferait un peu peur ».
Il faut prendre le jeu, le tester, le casser, le refaire, garder la mécanique de l’auteur mais y apporter de nouvelles idées, de la finesse et de l’équilibrage, c’est ça le travail d’un éditeur.

Des infos croustillantes…


# Essen The Game est donc actuellement sa seule collaboration en tant qu’auteur… mais à la sortie de Bruxelles, il a été approché par plusieurs auteurs pour collaborer (je n’ai malheureusement pas pu lui soutirer les noms).

# Essen est une idée de Fred qui voulait absolument faire un jeu sur le salon qu’ils fréquentent depuis 2006 (la Mecque du jeu en Europe), la mécanique a été mise en place par Etienne et Fred, et Beatnik a rejoint l’équipe sur le côté graphique et ramené des idées supplémentaires.

# Geek Attitude Games est actuellement une activité complémentaire pour Etienne, il est malheureusement toujours obligé d’aller bosser pour remplir le frigo. Il travaille pour une maison de justice, mais il aimerait pouvoir bosser pleinement dans le jeu.

# Taverna est un peu tombé par hasard en édition chez GAG, car ils ne cherchaient pas spécialement un jeu. C’est Karl Marcelle, un ami de Fred, qui a proposé un proto lors d’une soirée et qui était fort bien (même si il y avait beaucoup trop de chose… 23 tavernes). Comme ils avaient montés une société d’édition, ils se sont dit « pourquoi pas sortir aussi celui-là ? ». Karl n’ayant pas assez de temps de faire des développements, il a laissé le jeu à l’équipe qui a énormément travaillé sur les modifications et la finalisation des mécaniques et des règles. Toujours en revenant vers lui.

# Au niveau des décisions chez GAG, vu qu’ils sont trois, c’est à la majorité. Donc si 2 sur 3 sont d’accord, la décision est prise. Il est impossible de tomber d’accord à 3 à chaque fois.

# Pour Not Alone, comme ça avait été le cas pour Taverna, GAG fait le choix de prendre un illustrateur pas connu et dont c’est la première expérience en jeu de société. « En tant qu’éditeur, on a également une image à donner…  Il faut que les auteurs comprennent ça aussi. Si nous, on engage du temps, de l’argent, de l’énergie et encore plein d’autres choses pour sortir un produit, c’est qu’on y croit, mais on y croit pas envers et contre tout. On a aussi une grande part de décisions à prendre, et au final, le dernier mot. ». Pourtant le choix d’un illustrateur est quelque chose de subjectif…

Pourquoi un Kickstarter…


Save The President sera sur Kickstarter en 2017.
Le pitch : « 4 juillet / USA. En cette fatidique journée de Fête Nationale de l’indépendance, l’impossible s’est produit. A la faveur d’un tremblement de terre d’une magnitude de 9.02 sur l’échelle de Richter, une faille inter-dimensionnelle s’est ouverte devant la Maison Blanche.
En sont sorti des hordes de créatures toutes plus menaçantes les unes que les autres, animées par de noirs desseins de conquête du monde libre. Totalement pris de court, tout le personnel de la Maison Blanche fut massacré dans d’atroces souffrances. Les services d’ordre totalement impuissants furent réduits en miette, la garde rapprochée du Président n’étant plus qu’un lointain souvenir la marche des créatures du chaos vers le bureau ovale était inéluctable…
Notre plus grand symbole est sur le point de tomber – et avec lui le monde libre !
Mais… au milieu des décombres, les silhouettes de quelques individus – braves touristes venus accomplir leur devoir de patriotes – se dressent comme un ultime et dernier rempart face à l’anéantissement de notre société… Avec un seul mot d’ordre : SAVE THE PRESIDENT, SAVE THE WORLD »

De 1 à 5 joueurs / 60 à 90 minutes / A partir de 10 ans.
Un jeu de Cyril Besnard et Alain Fondrille.

Etienne a une position très positive par rapport à ce choix de production, pour lui, c’est tout simplement une autre manière de faire.
Et il est clair que STP est un jeu à Kickstarter, plein de strech goals sont envisageables.
De plus, GAG n’a pas les moyens de l’éditer avec du beau matos, la qualité qu’un tel jeu requière.
C’est aussi pour lui une manière de faire parler du jeu avant la sortie, c’est un outil de communication (pour le meilleur ou pour le pire).
Pour Etienne, c’est aussi un moyen pour que des jeux qui n’auraient jamais pu voir le jour autrement puissent sortir, être édités et soient jouables. Mais attention, ce n’est pas pour autant que tout est bon.

Par rapport à STP précisément, GAG prend la chose au sérieux.
Les auteurs parisiens du jeu vont travailler dans le sens de concevoir de nombreux strech goals, de nouvelles cartes avec des effets de monstre, des missions, … bref, ça va le faire.
GAG a engagé Jamie de Tric Trac comme community manager pour la campagne Kickstarter, Il est fort emballé par cette campagne qui s’annonce dantesque.
Par contre, GAG ne fait pas le choix de faire une boîte avec des figurines au kilo, il y en aura, c’est sûr, mais pas des tonnes, et tout simplement pour que les gens n’attendent pas 2 ans pour recevoir le jeu qu’ils auront pledgé. Le but étant que dans l’année qui suit la fin du KS, le jeu puisse sortir. Donc, objectif sortie pour fin 2017.

Des infos croustillantes…


# Pour ceux qui ont déjà testé le proto et qui savent de quoi je parle, il y aura une représentation 3D du Kaïju, on n’en saura pas plus pour l’instant…

# On nous annonce que c’est Maeva Kosmic et Christine Deschamps qui vont illustrer le jeu.

Et alors…


Quoi qu’il en soit, à l’heure actuelle, sachez qu’on couvrira l’actualité future d’Etienne aussi bien en tant qu’éditeur qu’en tant qu’auteur.
Un article sur Not Alone sortira semaine prochaine, mais également le suivi de la campagne Kickstarter en 2017.
Personnellement, j’aimerais vraiment qu’un nouveau jeu avec Etienne en tant qu’auteur sorte.
J’ai proposé une collaboration avec Olivier Grégoire, vous en pensez quoi ? Ça pourrait le faire je dis…

J’ai pris beaucoup de plaisir à recevoir Etienne chez nous pour boire un coup et faire cette interview (qui ressemblait bien plus à une papote entre potes). C’est vraiment une personne appréciable et appréciée. Par contre, prenez garde, l’équipe GAG est championne au bar, les lendemains de soirées avec eux sont souvent difficiles.

J’espère vous avoir donné envie de vous intéresser aux activités d’Etienne une fois.

Ludiquement vôtre.
Cowmic

L'équipe GAG : Etienne, Fred et Beatnik